132-01
Je suis contre toutes les maladies et presque toutes les guerres (disons celles qui ne sont pas justes), les gens méchants ou grossiers, ceux qui font du mal aux animaux, qui vont voir les corridas ou mangent de la viande de Cheval.
Je n’aime évidemment pas les femmes qui portent des fourrures.
132-02
Je n’aime pas les gens qui parlent crûment.
Je n’aime pas le temps gris, le vent froid, la pluie.
Je n’aime pas que l’on exploite les enfants ou les gens du Tiers-Monde, que l’on interdise l’école aux petites filles, que l’on mette sur le trottoir des gamins pour des activités scandaleuses.
132-03
Je n’aime pas les animaux qui tuent d’autres animaux.
Je n’aime pas les drogues.
Je n’aime pas les mauvaises herbes qui envahissent mes allées et mes parterres.
Je n’aime pas Roland Garros et les perturbations de programmes télé qui en découlent…
132-04
Moi, ce que j’aime bien, ce sont les gens qui disent bonjour avec un grand sourire, qui parlent doucement, ne boivent pas d’alcool en excès, ne fument pas même sur les terrasses exposées à tous les vents.
132-05
J’aime le soleil qui illumine les beaux verts de mes plantes exotiques (j’ai acheté, pas cher, un système d’irrigation contrôlé par informatique), les hirondelles qui annoncent le printemps (mais cette année la porte du garage restera fermée à cause des fientes sur la voiture) et j’attends avec impatience la diffusion en direct du Jubilé de la reine… avec mon chat sur les genoux, Stéphane Bern et Marie Drucker vont nous faire rêver !
132-06
Je vis à côté de chez vous (peut-être même chez vous, peut-être même que parfois je suis… vous !), dans un autre monde, coupé de certaines réalités un peu crues. Je prends l’avion trois fois par an pour aller découvrir des paysages merveilleux parce que j’adore la nature. Je suis un défenseur des Cygnes et des Bernaches du Canada parce que c’est joli, des buddleias parce que j’aime et j’aide les Papillons, je suis pour la biodiversité mais je n’y comprends pas grand-chose.
132-07
Je suis un Bisounours, un beauf/bof, un inculte, un mouton parmi tant d’autres moutons, objet de tous les calculs et tractations politico-commerciaux, manipulé à mon insu et parfois avec mon assentiment…
132-08
Trêve de plaisanterie, je me reconnais peu dans ce portrait imaginaire, mais comme tout le monde je dois assumer un certain nombre de contradictions… je n’en tire ni fierté ni honte, j’essaie juste de regarder les choses en face et, dans la mesure du possible, de corriger un peu le tir.
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Et si je n’ai certes pas de leçon à donner à la plupart des gens, je ne peux pas m’empêcher de penser… et donc de dire… plus ou moins crûment… et je n’ai pas l’intention de changer !
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J’aime la campagne quand elle est belle et qu’elle sent bon (et le fumier sent bon), c’est-à-dire quand elle ressemble à un potager géant entretenu par des gens qui travaillent pour gagner leur vie en nous fournissant nos aliments.
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Je l’aime moins quand les exploitants agricoles remplacent les paysans (qui ne sont pas nécessairement moustachus, fumeurs de pipe et tueurs de loup). Je crains chaque jour un peu plus cette évolution destructrice et suicidaire, même si le pire n’est jamais certain !
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Ce bout de campagne photographié il y a quelques années est aujourd’hui « géré » par des exploitants agricoles de la race des « winners ». Les transformations ont commencé…













