Ce titre est complètement inadéquat.
Je m’explique.
J’ai arrêté de fumer il y a 2 ans. Ma femme aussi. Mes gamins ont encore un odorat en bon état de fonctionnement. Bref, aucun d’entre nous n’éprouve un vrai plaisir à approcher un cadavre en décomposition.
Alors ?
Alors ! Ce sont les Grands corbeaux, les Milans, et surtout les Vautours qui nous y attirent. Mais comme l’odorat reste un sujet très controversé chez la plupart des Oiseaux, le titre n’est toujours pas plus approprié.
Je vous ai déjà parlé des Vautours (page 73), ce sont des oiseaux que j’admire, malgré leur mauvaise réputation. À ma connaissance, se faire traiter de « vautour » n’est pas spécialement élogieux.
Je vais donc vous proposer non pas un, ni deux, ni même trois, mais quatre articles sur le Vautour fauve, parce qu’il les vaut bien .
152-01 : le Vautour fauve est le plus commun de nos Vautours (4 espèces en France), aisé à reconnaître par son long cou déplumé. Disparu des Causses dans les années 40-50, il a été réintroduit au début des années 80. Aujourd’hui, plus de 300 couples fréquentent le site.
152-02 : sur cette photo vous voyez un jeune oiseau à droite (bec gris sombre, base du cou rousse) et un adulte (plus de cinq ans) à gauche avec collerette et bec blancs.
152-03 : en approchant ces quelques dizaines d’oiseaux perchés sur de grands Pins sylvestres, nous avons découvert le grand cousin, plus rare, plus sombre, avec le cou emplumé : le Vautour moine.
152-04 : sur un pin isolé, d’autres Vautours fauves.
Ce long cou duveteux est propre aux espèces de Vautours qui commencent le nettoyage : ils peuvent introduire profondément leur tête dans le cadavre par les orifices existants (blessures par exemple) pour en extraire la viande ou les viscères.
152-05 : le décollage étant une opération délicate pour un oiseau pouvant atteindre 10 kg, les Vautours restent longtemps perchés pour s’assurer de la tranquillité des lieux avant de descendre se nourrir. Cette attente évite aussi de descendre auprès d’un animal simplement endormi !
152-06 : l’attente peut durer des heures. Nous avons eu de la chance, certains Vautours étant déjà au sol, les autres ont suivi assez rapidement.
152-07 : une classe incroyable en vol.
152-08 : un peu moins « frime » à l’approche du sol…
152-09 : admirez le travail des grandes plumes (les rémiges primaires) pendant le freinage.
152-10 : celui-ci s’est redressé après s’être « viandé » lamentablement (et le photographe s’en veut encore d’avoir raté le coche).
152-11 : en cas de danger, les Vautours s’envolent lourdement.
152-12 : en zone montagneuse, les nombreuses pentes facilitent la manœuvre.
Notez que l’oiseau de droite est bagué, comme tous les Vautours fauves nés dans les Causses avant 2005.
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152-15 : nous avons trouvé ce squelette sur le causse, sans savoir si ce sont les Vautours qui l’ont nettoyé. Si c’est le cas, il faut savoir que le système digestif des Vautours détruit la plupart des virus (celui de la fièvre aphteuse par exemple) et des bactéries. Le vautour est un « cul-de-sac épidémiologique ».
La plupart des informations techniques de cet article viennent de la brochure « Vautours » éditée par la LPO Grands Causses.














