207 – Le roi est mort !

L’écotaxe a du plomb dans l’aile.

Le roi est mort (le présent de l’indicatif indique ici un futur proche et plus que probable, à savoir les municipales du printemps prochain). Et je me garderai bien de crier « Vive le roi ».
Il s’est fait surprendre au coin d’un bois par des bandits de grand chemin… Cris, menaces, dégradations… Le monarque prend peur et jette quelques écus sur la route pour couvrir sa retraite.

La cour et même Cécile, la ministre qui estime avoir « le droit d’ouvrir sa gueule », trouvent cela plutôt bien ! (La place est bonne ?).

Les bandits pensent avoir gagné la bataille et regagnent leurs exploitations, mais ils n’ont fait qu’aggraver leur situation, reporter une échéance qui ne sera que plus douloureuse… Et ils continuent leur combat…

Reste que ceux qui désapprouvent depuis longtemps cette tyrannie des casseurs en sont encore pour leurs frais. Et aux prochaines élections, les analystes réfléchiront sur le pourquoi d’un vote de rejet !!!

Mais cette page a pour objet premier de répondre à la question posée par Léon : quelle différence entre nidicole et nidifuge ?
Réponse : le premier aime rester tard au nid, le second beaucoup moins ! C’est simple, mais comme Léon n’est plus tout jeune, je vais développer un peu.

Comme toujours sur ce blogue, toutes les photos de nids sont faites dans des conditions très particulières n’entraînant pas une surmortalité.
  

œufs et poussin de goéland

207-01 – Goéland argenté ou Goéland brun. Les nids, œufs et poussins des deux espèces sont si semblables que le seul critère indiscutable pour les différencier… c’est l’adulte qui séjourne sur le nid !
Comme tous les Oiseaux, ce poussin sort d’un œuf qui a été déposé et couvé dans un nid plus ou moins élaboré.

Et comme tous ceux qui naissent avec un duvet bien développé, il semble mouillé. En réalité, chaque « plume » est enveloppée dans une gaine transparente. Sous l’adulte qui le couve, le poussin se réchauffe et se toilette. Cette gaine tombe et laisse alors le duvet prendre son aspect si caractéristique. Cette phase est critique et il ne faut surtout pas que l’oisillon reste exposé au soleil, au vent ou à la pluie… donc retrait rapide face à ce genre de situation.
  

Jeunes Canards colverts

207-02 – Canards colverts. L’exemple même du nidifuge, au même titre que le poussin de Poule ou de Perdrix.

L’oisillon nidifuge, entièrement recouvert d’un duvet bien dense, est relativement autonome et capable de marcher, courir, et même nager ou plonger pour certaines espèces. Il se nourrit souvent seul, mais accompagné de l’un ou des deux parents.
  

œuf et poussins d'Huîtrier pie

207-03 – Huîtriers pie. Le « diamant », petite excroissance dure et caduque sur le bout du bec (très visible sur le poussin de gauche), facilite le travail de découpage de la coquille. Comme les autres Limicoles et les Goélands (liste non-exhaustive), l’Huîtrier pie est un semi-nidifuge car les poussins resteront à proximité immédiate du nid pendant quelque temps.

Les « enfants » nidifuges évitent de nombreux allers-retours à leurs parents entre le nid et les zones d’alimentation… à condition que les éclosions soient à peu près synchrones et que toute la famille puisse suivre ! Pour ce faire, les espèces ayant des poussins nidifuges ne commencent généralement à couver qu’après la ponte du dernier œuf.

Jeune Huîtrier pie sur l'estran

207-04 – Huîtrier pie. Ce poussin de deux à trois semaines commence à ressembler aux adultes. Un « vrai » plumage remplacera peu à peu son duvet et il sera capable de voler lorsqu’il aura environ quarante jours, soit soixante à soixante-dix jours après la ponte de l’œuf dont il est sorti !
  

Jeune Canard colvert

207-05 – Canard colvert. Jeune de deux à trois semaines. 

Cette espèce, deux à trois fois plus lourde que l’Huîtrier pie, se développe plus lentement. Le plumage du ventre est déjà bien fourni et permet d’isoler les organes vitaux de l’eau, mais les ailes ne seront suffisamment développées pour permettre le vol qu’à environ deux mois, lorsque ce caneton aura presque la taille d’un adulte.
  

Faisane avec ses jeunes

207-06 – Faisans de Colchide. Un autre nidifuge bien connu. À cette distance, les jeunes ne se distinguent de la femelle que par leur taille.

L’activité des oiseaux adultes pendant l’incubation est réduite, mais malgré tout, jour après jour, le risque d’être découvert par un prédateur augmente. Des poussins nidifuges permettent de s’éloigner d’un site devenu dangereux. De plus, en cas d’attaque, les jeunes se dispersent dans différentes directions et empêchent la disparition de toute la couvée.
  

Poussin de Goéland argenté

207-07 – Goéland argenté. Cette espèce est qualifiée de semi-nidifuge car, bien que couverts de duvets et aptes à la marche dès leur naissance, les poussins ne peuvent suivre leur parents sur les zones de pêche et se contentent de déplacements limités autour du nid. L’emplacement du nid, généralement à l’abri des prédateurs terrestres, permet cette stratégie qui pourrait sembler suicidaire ! 
Chez d’autres espèces, comme chez la Gallinule poule-d’eau, l’un des parents accompagne les premiers poussins pendant que l’autre couve les œufs non éclos.
  

Bernache nonnette

207-08 – Bernache nonnette. Les populations groenlandaises de cet oiseau nichent dans des zones montagneuses. Le nid étant souvent sur une corniche, les oisons se jettent dans le vide peu après leur naissance pour suivre leurs parents !
  

œuf et oisillons de Cormoran huppé

207-09 – Cormorans huppés. Vous avez déjà repéré le diamant… bravo. Yeux clos, conduit auditif bouché… juste un tube digestif !

Autre stratégie, celle des nidicoles : construire un nid peu accessible, ou très bien caché, pour y élever des oisillons qui ne sont au départ que des ébauches mal dégrossies ! C’est l’option prise par des espèces considérées comme plus évoluées.
En effet, chez les nidifuges, le cerveau doit être pleinement fonctionnel dès l’éclosion pour permettre la locomotion, la vision, la compréhension des cris d’alarme… Chez les nidicoles, ce développement est plus lent mais finalement plus « complet ».

Esthétiquement, je vous l’accorde, ce n’est pas génial !
  

Poussins de Busard des roseaux au nid

207-10 – Busards des roseaux. La plupart des nidicoles sont nus, mais certains groupes, dont les rapaces, ont des jeunes couverts de duvet. Voyez la différence de taille entre l’aîné et le petit dernier (couché à droite) qui ne survivra que si la nourriture est très abondante.
  

Jeunes Corneilles noires au nid

207-11 – Corneilles noires. Chez les Passereaux, les écarts de taille sont plutôt faibles au sein d’une même nichée et normalement chacun a ses chances.

Par rapport au Canard colvert ou à l’Huîtrier pie, les ailes sont déjà grandes alors que le dessous n’est pas encore complètement emplumé.
  

Chardonnerets élégants au nid

207-12 – Chardonnerets élégants. En début d’élevage, les parents assurent le nettoyage du nid, mais par la suite les crottes s’accumulent sur les bords et annoncent un envol prochain.
  

Chardonneret élégant immature sur des Chardons

207-13 – Chardonneret élégant. Cet oiseau qui n’a que quelques semaines a la taille d’un adulte dont il ne se différencie que par les coloris.
  

Jeune Pouillot véloce

207-14 – Pouillot véloce. Ce sujet a probablement moins d’un mois ! Chez les petites espèces, toutes nidicoles, la croissance est extrêmement rapide.
  

Poussins de Pigeon ramier au nid

207-15 – Pigeons ramiers. Il y a d’abord eu deux œufs blancs comme chez (presque) tous les Colombidés. Après dix-huit jours d’incubation et vingt-cinq à trente jours d’élevage, il ne restera que l’absence de collier blanc et quelques nuances de couleur pour distinguer ces pigeonneaux de leurs aînés.

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