211 – Le crétinisme

Léon, le casse-pieds que les habitués de ce blogue connaissent bien, m’a récemment demandé pourquoi les Lions portaient une crinière et les Paons une grande queue alors que les Mésanges bleues n’avaient ni l’une ni l’autre.

Avouez qu’il est tordu… Une Mésange avec une crinière de Lion ne pourrait pas voler ! Et lorsqu’elles auront une queue de Paon, il faudra revoir à la hausse les dimensions des nichoirs !

Sterne pierregarin

211-01 – Sterne pierregarin

Mais Léon étant ce qu’il est, à chaque fois qu’il pose une question, je suis obligé de développer un peu pour ne pas subir ses assauts répétés avec des demandes d’explications complémentaires… En gros, je vous fais une page sur le darwinisme pour tenter d’avoir la paix : c’est l’évolution (d’un blogue !) et je vous en ferai une autre, après digestion de celle-ci, sur les queues et la sélection sexuelle…

Mésange à longue queue

211-02 – Mésange à longue queue

Tout d’abord, un peu de ménage pour clarifier des notions parfois confuses, voire confondues.

Campagnol roussâtre

211-03 – Campagnol roussâtre

Darwin, naturaliste anglais du XIXe siècle, est le « père » de la théorie de l’évolution, le darwinisme. À son époque, l’Église et les scientifiques croyaient que Dieu avait créé le monde tel que nous le connaissons.

Ne riez pas… 150 ans après Darwin, cette théorie, appelée créationnisme (et non crétinisme), a toujours de fervents adeptes aux États-Unis. Elle fait d’ailleurs l’objet d’expositions où l’on vous démontre que la terre a 6000 ans et, sous le gouvernement de G.W. Bush, elle a failli être enseignée en tant que science ! Même en Europe, les darwinistes et les créationnistes se sont battus, chacun défendant l’enseignement de son idée ! Créationnisme et lavage de cerveau, sans être strictement identiques, ont en commun de simplifier outrageusement les choses et éventuellement de mener au fanatisme.

Perdrix grises dans un chaume enneigé

211-04 – Perdrix grises. Ces oiseaux ignorent sans doute tout du darwinisme, mais ils connaissent la pression du milieu !

Alors, qu’entend-on par darwinisme ?
Darwin pensait que les espèces évoluaient en subissant une pression du milieu (concurrence, prédation, maladies) qu’il appelait la sélection naturelle. Cette sélection garde en vie les êtres vivants les mieux adaptés et leur laisse le temps d’assurer une descendance.

Chardonneret élégant

211-05 – Chardonneret élégant

Aujourd’hui, hormis les créationnistes, personne ne doute de la pertinence de cette théorie, même si les observations ultérieures ont un peu compliqué le tableau.

Pouillot véloce

211-06 – Pouillot véloce

J’illustre grossièrement par un exemple simple : le canard qui a les plus grandes palmes nage plus vite que les autres, arrive le premier sur la nourriture et… sur la cane qui a elle aussi des palmes énormes… et leurs descendants sont de super nageurs… jusqu’au moment où, à force de favoriser des palmes de plus en plus grandes, ils ne peuvent plus ni s’accoupler, ni couver, et ils n’ont plus de descendance !
Et c’est heureux car leurs rejetons aux palmes démesurées ne ressembleraient plus à des canards mais à des monstres !
Et quand bien même ils auraient une descendance, les prédateurs se feraient un plaisir de manger ces oiseaux scotchés à leur plan d’eau par des pattes si lourdes qu’elles leur interdiraient de voler ! Ce sont les prédateurs, les autres animaux concurrents sur les zones d’alimentation, les hivers froids, etc, qui font que les Canards ont des pattes palmées, mais ni trop petites, ni trop lourdes, ni trop fragiles…

Vautour fauve

211-07 – Vautour fauve. L’espèce a 1 à 1,5 million d’années.

Peu à peu (le système est lent, l’échelle est en millions d’années) les groupes bien adaptés se développent, se diversifient. Des espèces naissent et occupent des créneaux particuliers sur lesquels elles deviennent très compétitives ; c’est la spéciation.  Et pour préserver ses propres caractéristiques, chaque espèce a des barrières limitant les accouplements avec des individus d’espèces proches (voir page 107).

Pie bavarde

211-08 – Pie bavarde

Résumée ainsi, l’évolution est assez simple.
Attention toutefois à ne pas tomber dans certains travers comme le finalisme qui consiste à penser qu’une espèce développe une caractéristique avec un but précis (voulu par l’Être Suprême ?).  Le canard a des pattes palmées qui lui permettent de nager aisément, la Bécasse des bois a un plumage cryptique qui la rend difficile à repérer dans les sous-bois… mais il n’y a pas création de palmes pour pouvoir traverser le lac ou perception d’une belle tenue de camouflage pour se cacher dans le bois ! L’adéquation s’est faite progressivement, par petites touches.

Aigrette garzette en vol

211-09 – Aigrette garzette

Les paléontologues découvrent des espèces en devenir, des échelons intermédiaires, ou des espèces disparues parce que n’ayant pas trouvé la bonne place dans leur environnement. Les  « tentatives » malheureuses sont nombreuses et ne doutons pas que les êtres vivants d’aujourd’hui sont en réalité des survivants, des êtres incroyablement doués et remarquablement adaptés.

Chat domestique

211-10 – Chat domestique. Comme presque tous les autres animaux domestiques, son histoire a moins de 10 000 ans. Le Chien est le seul dont la domestication a entre 30 et 100 000 ans.

Pipit farlouse dans la lande

211-11 – Pipit farlouse

Pingouins tordas sur l'eau

211-12 – Pingouins tordas

Grenouille verte

211-13 – Grenouille verte

Lézard des murailles

211-14 – Lézard des murailles

Loup gris

211-15 – Le Loup gris actuel a environ 1,8 million d’années… Respect, non ?

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer