« Pardonnez-leur car ils ne savent pas »… ce texte serait de quelqu’un dont je persiste à douter de l’existence… et je m’en sers pour critiquer les réactions outrées de « braves gens » totalement ignorants…
On se suicide comme on peut et je pense que les membres de mon peloton d’exécution vont se désigner d’eux-mêmes… il me reste à espérer qu’ils visent mal !

232-01 – Girafe
Au zoo de Copenhague, un bébé girafe a été euthanasié (dès le premier tour), un second, dans un autre zoo, est en ballottage défavorable… Quatre bébés lions ont déjà subi le même sort.
Des bébés animaux tués dans un zoo !
Les réactions sont nombreuses, certains commentaires sont idiots (un blog ornithologique breton parle d’eugénisme !), d’autres sont plus compréhensibles et comparent ce zoo à une boucherie ou à un abattoir…

232-02 – Gibbons à mains blanches
En réalité il n’y a, à mes yeux, ni bébé ni eugénisme… et on devrait dire tuer, ou abattre, au lieu d’euthanasier car ces animaux n’étaient pas souffrants.
Et même si grammaticalement parlant c’est correct, le lionceau n’est pas plus bébé-lion que la femelle verdier n’est dame-verdier, le pinson mâle homme-pinson, et le coq papa-poule… Ce vocabulaire infantilisant nous éloigne d’une réalité qui n’a jamais été un conte de fées.

232-03 – Une Panthère des neiges dans sa « cage ».
Qu’avaient imaginé toutes ces personnes ?
De plus en plus souvent les parcs zoologiques remplacent les zoos, comprenez que l’on donne plus de place aux animaux, que l’on cherche à obtenir leur reproduction à défaut de pouvoir mesurer leur bonheur. Et que l’un des objectifs de cette reproduction est de conserver un pool génétique (généralement dans le cadre d’un programme propre à chaque espèce) assurant la survie d’une espèce si celle-ci vient à disparaître à l’état sauvage.
Le bien-être des individus captifs est essentiel face aux visiteurs, mais aussi pour une (re)production aussi bonne et abondante que possible. Et la consanguinité doit être évitée autant que faire se peut, pour la pérennité de l’espèce et même pour la santé de chaque individu. Tout est lié.

232-04 – Le Loup gris est une espèce qui se reproduit bien en captivité…
Mais reproduction abondante sans prédation dit augmentation du cheptel, et lorsque les places manquent… les moins « intéressants » sont éliminés. Les girafons danois n’étaient pas « génétiquement intéressants » et ne pouvaient être intégrés à un programme européen.
Que faire alors ?
Je ne sais pourquoi les deux parcs qui se sont portés acquéreurs n’ont pas été recontactés par le zoo de Copenhague, mais je comprends que la milliardaire qui proposait une place pour un des « bébés » dans son jardin de Beverly Hills ait été écartée.

232-05 – Chevaux de Przewalski, dans un parc de 400 hectares en Lozère. Cette espèce a failli disparaître et connait aujourd’hui des problèmes de consanguinité qui diminuent leur espérance de vie.
Il n’est pas souhaitable que ces « bébés » deviennent des jouets, et ils sont généralement éliminés.
Que la viande de ces animaux ne soit ni jetée, ni consommée par des gens (en raison de certains traitements vétérinaires), je le conçois très bien.
Que les lions ou les tigres la mangent, pourquoi pas, même si cela interdit la mort par injection d’un cocktail létal.
C’est la suite qui me gêne le plus, et je n’ai pas trouvé toutes les explications que j’espérais. Je vous laisse juges.
La dissection et la découpe ont été faites devant les visiteurs qui le souhaitaient !!!
Doit-on considérer ce type d’opération comme un spectacle ? Je pense que non.
Même si je suis globalement pour la transparence, je ne suis pas certain qu’il soit nécessaire de tout montrer en toutes circonstances !

232-06 – Cardabelle et Basalte, Gypaètes barbus nés en captivité (respectivement en Espagne et en Allemagne) et lâchés en Lozère.
Ne devrait-on pas réguler en amont et anticiper les naissances ?
Bien sûr que si, et depuis longtemps les gérants de parcs « s’arrangent » pour limiter la reproduction de certains de leurs animaux en les stérilisant ou en séparant mâles et femelles. Et bien sûr qu’il faut limiter au maximum les « Marius » (nom du premier girafon sacrifié), mais cet incident malheureux ne doit pas remettre en cause les programmes de reproduction en captivité.
Sans ces programmes, la LPO n’aurait pas pu réaliser son projet de renforcement des populations de Gypaète barbu en France (voir page 163) !

232-07 – Ibis chauves nichant en falaise, comme dans leur milieu naturel. Il en reste entre 200 et 250 adultes non captifs dans le monde.
Mais on ne commande pas des pandas ou des ibis comme une pizza sans olive… Lorsque l’équipe d’un parc réunit un couple de girafes ou de condors, elle espère que des jeunes naîtront… Mâles ou femelles, cette année ou dans dix ans, avant ou bien après les autres parcs ??? Les aléas sont nombreux, parfois le temps est compté…

232-08 – Cercopithèque roloway. 100 à 200 sujets sauvages et 30 à 35 en captivité… Le temps presse.
Doit-on séparer les « amoureux » parce qu’aujourd’hui leur progéniture potentielle n’apporterait plus rien et serait condamnée ?
Et si oui, que faire du mâle ou de la femelle indésirable ?
Doit-on éliminer très vite le « produit » non désiré, ou attendre qu’il soit sevré pour moins stresser le couple reproducteur (cas de Marius) ?

232-09 – Ibis falcinelle (adulte, et jeune à gauche).
Continuez de vous réjouir devant le carnet rose toujours affiché à l’entrée des parcs zoologiques. Pour toutes les espèces concernées, c’est une vraie bonne nouvelle.
Mais soyez conscients que pour certains individus, le prix à payer pour maintenir une population captive viable peut être élevé.

232-10

232-11 – Maki catta
On ne peut avoir le beurre, l’argent du beurre… et le … du fermier !