Avril.
La Fauvette à tête noire se fait entendre un peu partout, les Hirondelles de rivage et rustiques remontent gentiment d’Afrique.
Pendant ce temps, les ministres jouent aux chaises musicales… puisque le message des municipales était clair et que c’est ce que nous voulions ! ?
Les Verts ne savent plus de quelle couleur ils sont… Les élections européennes pourraient les décolorer pour de bon. À suivre…
Indifférent à tout ce remue-ménage, le Traquet motteux reprend ses quartiers d’été dans nos montagnes et sur nos dunes.
Oiseau de terres nues et de pâturages ras où il chasse à vue les gros insectes et leurs larves, il se pose fréquemment sur les labours durant ses migrations. Il profite alors d’un caillou, d’une motte, ou d’une tige de maïs, pour surveiller sa zone d’alimentation, et c’est souvent à cette occasion que vous pourrez le remarquer.
À noter que pour l’instant la FNSEA n’a pas pris position contre le Traquet motteux, une des rares bêtes sauvages qui échappent encore à son courroux… Un oubli sans doute !

233-01 – Un Traquet motteux mâle en halte migratoire au printemps.
Il y a deux ans, le Traquet motteux a fait le buzz : les médias ont découvert qu’un oiseau de 25 grammes parcourait près de 30 000 kilomètres par an !
Nos Traquets motteux européens pèsent bien de 20 à 30 grammes, mais ce sont de « petits » migrateurs puisqu’ils ne vont pas au-delà de l’Afrique de l’Ouest pour passer l’hiver… On est loin des 30 000 kilomètres…
Les oiseaux qui nichent près de la Baie d’Hudson (Canada) rejoignent l’Europe (avec ou sans escale au Groenland) via l’Islande avant de descendre… en Afrique de l’Ouest.
Les plus costauds dépassent les 40 grammes et un de ces oiseaux a couvert les 3400 kilomètres qui séparent la Mer de Baffin des Iles Britanniques en 4 jours ! Ça commence à causer…
Toujours en Amérique du Nord, des Traquets motteux nichent en Alaska. Ils traversent l’Asie, de la Sibérie à la péninsule arabique, et rejoignent l’Afrique de l’Est (Kenya et pays voisins)… 3 mois de voyage, 15 000 kilomètres ! Oui Madame !
En fin d’hiver, voyage inverse… en 2 mois seulement ! Qualité du carburant africain, effet de la testostérone ??? Mystère, mais les 30 000 km y sont bien !

233-02 – Après tout ça, ce n’est pas un petit coup de vent, même brutal, qui va le déstabiliser !

233-03 – Un mâle chante sur son caillou.
Durant ces grands voyages, le Traquet motteux fait des escales pour s’alimenter (et se reposer). Et à chaque fois, il défend un petit bout de terrain contre ses congénères qui sont tous des concurrents potentiels !

233-04 – Les herbes sauvages constituent des perchoirs recherchés pour se mettre en évidence. Le mâle se reconnaît à son masque très noir et bien dessiné jusqu’en arrière de l’œil.

233-05 – Chez la femelle, le bandeau n’est ni aussi noir, ni aussi long.

233-06 – Des cailloux… en tas dans les Causses, en murets sur les îles atlantiques, en éboulis en montagne… peu importe.

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233-08 – Des cailloux, et des anfractuosités pour y préparer l’avenir car le Traquet motteux cache son nid dans un trou ou un terrier (de Lapin de garenne bien souvent).

233-09 – Si les jeunes n’ont pas les couleurs et les dessins des adultes, ils en ont rapidement la méfiance.

233-10 – Leur premier plumage, teinté de beige et de roux, les rend moins voyants durant leurs premières semaines de vie.

233-11 – À une certaine distance, il peut même être difficile de reconnaître un jeune Traquet motteux. Celui-ci ne devrait pas avoir de problème pour trouver des insectes…

233-12 – À l’automne, jeunes et adultes vont revêtir un plumage de transition qui les rendra tous plus ou moins semblables.

233-13 – Femelle adulte, ou jeune de l’année, les deux sont possibles.

233-14 – Celui-ci a le lore (zone entre le bec et l’œil) très noir et un sourcil blanc très marqué, ce qui désigne probablement un mâle adulte.