Bien qu’aimant beaucoup la mer, je ne la fréquente guère durant la « belle » saison. Trop chaud, trop de monde, beaucoup trop, trop de bruit, trop de plein de choses…
Mais, de temps à autre, nous (ma femme m’accompagne avec plaisir) allons y faire un petit tour. Les terrasses de café ou de restaurant ont notre prédilection car nous y faisons des observations croustillantes. Nous commentons et dénigrons avec délice.
Bref, on va faire nos Solange…
Une fois de temps à autre, je pense que c’est pardonnable et que cela ne nécessite pas une consultation chez un psy !
Nous sommes donc allés en reportage cette semaine.
Septembre, le mois des vieux et des étrangers, ce qui théoriquement nous met à l’abri des incivilités de toutes sortes que les gens de notre âge supportent mal. Théoriquement.
Nous avons effectivement vu peu de jeunes, mais côté comportements… journée chargée !
Un photographe (70 ans à peine) qui cherche le bon angle au milieu de la rue sans se soucier de la circulation. On lui a sans doute dit que pour faire une bonne photo, il ne faut pas bouger.
Un couple (130-140 ans/2) qui vient manger…
– « C’est complet, Messieurs Dames.
– Pourtant il n’y a personne sur cette table !
– Elle est réservée »…
Monsieur s’apprête à quitter la terrasse mais Madame se rend à l’intérieur du restaurant. Une urgence peut-être ? Non, l’inspection doit être complète, des fois que !!! Demi-tour.
Regard méprisant, menton relevé… Hautaine jusque dans la défaite. Elle n’a pas pu voir nos mines réjouies.
Des tables basses, en bordure de terrasse, permettent de patienter avec ou sans boisson.
Un machin sans âge (mais depuis longtemps déjà), moulé (à la louche) dans un sac rose (comme les petits chaussons de laine, ça permet de déterminer le sexe du bestiau), s’empare de l’une de ces tables pour y poser ses onglons fatigués et exposer au soleil le morceau de carton grillé qui dépasse en haut du sac ! Bon appétit !
Tous plus conscients les uns que les autres de leur propre importance…
Vous comprenez pourquoi je fuis la côte en été, et pourquoi je bénis le ciel à chaque journée de crachin.
Mais une fois de temps à autre, quel bonheur…
Et bientôt, le retour des bernaches, moins vieilles, moins colorées.
La vie, la vraie, sur les plages et les vasières.
Les lumières d’hiver, le vent…

257-01 – Les premières Bernaches cravants peuvent être vues en septembre, mais les arrivées ont surtout lieu en octobre-novembre.

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