Des ornithologues « du dimanche » m’ont souvent fait part de leur inquiétude, au printemps, en me rapportant que « les hirondelles sont moins nombreuses cette année ».
Leur inquiétude n’est pas basée sur des observations, qui sont partielles, mais sur des impressions. Le subjectif l’emporte…
Sans entrer dans le détail, il est facile de comprendre que les effectifs d’une espèce sont au plus haut après la reproduction et avant les pertes hivernales.
Comme chaque année, au printemps prochain les absents seront nombreux chez les hirondelles comme chez les autres espèces, celles qui vont chercher le soleil en Afrique durant l’hiver comme celles qui fuient les longues nuits glacées d’Islande ou de Russie en passant l’hiver chez nous.
En ce moment, vous pouvez voir les derniers attroupements importants d’hirondelles qui s’apprêtent à partir. Le phénomène est spectaculaire, il n’échappe pas à grand monde. Et comme il est synonyme de rentrée, de raccourcissement des jours, de retour de la pluie… la charge émotionnelle est forte, et l’image de ces attroupements se grave profondément dans votre disque dur.
L’hiver viendra, et passera, et au printemps vous serez déçu par les quelques hirondelles qui reviendront dans votre quartier. Effectifs dérisoires en comparaison de vos souvenirs d’automne que votre inconscient aura retravaillé entre temps. Mais en fin d’été, après reproduction, vous reverrez vos bandes bruyantes sur les fils.
Ces effectifs de printemps vous sembleront d’autant plus fluets que les retours sont progressifs et s’étalent sur presque 3 mois (2 mois pour les départs) chez l’Hirondelle rustique, l’espèce la plus commune en France.
Pour autant, il est avéré que les populations d’Hirondelles rustiques sont en diminution (données Vigie Nature), mais cette baisse ne peut être mise en évidence par des observations éparses ou fortuites. Les suivis réguliers, sur des points de passages importants par exemple, et sur une durée suffisante, sont nécessaires pour quantifier les variations à moyen terme.
Pour les autres espèces (Hirondelles de fenêtre, de rivage et de rochers – l’Hirondelle rousseline, trop peu représentée en France, ne fait pas l’objet de suivis similaires), les tendances à moyen terme sont moins claires car les variations inter-annuelles compliquent les calculs.

258-01 – Hirondelles rustiques. Ne pas confondre rassemblement et convivialité ! À l’extrême droite, une jeune de l’année avec sa gorge pâle et sa queue courte.

258-02 – Hirondelles rustiques. Durant les migrations, les dangers sont multiples ; la météo défavorable et les prédateurs bien sûr, mais la traversée de la Méditerranée d’abord et du Sahara (de plus en plus large) ensuite exige une condition physique irréprochable… Inévitablement les absents seront nombreux au printemps prochain.

258-03 – Hirondelle rustique. Face rouge-brique, dessous (ailes comprises) blanchâtres, queue très longue… la plus commune, mais aussi la plus jolie (appréciation personnelle).

258-04 – Hirondelle rustique. Elle cherche des endroits sombres pour établir son nid et les étables d’antan étaient parfaites. Les vaches s’accommodaient bien des crottes. Certains propriétaires de voiture apprécient peu la chose… et de nombreux nids en font les frais.

258-05 – Hirondelle rustique. La femelle, à gauche, a les filets de queue (les pointes externes) plus courts que ceux du mâle.

258-06 – Hirondelle rustique. Toute jeune, toute neuve, avec ses couleurs ternes et sa queue sans filet.

258-07 – Hirondelle de fenêtre. Plus urbaine que les autres espèces, elle niche sous les avancées de toit et dans les encoignures de fenêtre.

258-08 – Hirondelle de fenêtre. Elle semble noire et blanche, le croupion blanc étant caractéristique.

258-09 – Hirondelle de fenêtre. Sous bonne lumière, vous verrez que seuls le dos et la calotte sont vraiment noirs.

258-10 – Hirondelles de fenêtre, recto-verso.

258-11 – Hirondelle de rivage. Gris-brun dessus, elle peut être confondue avec l’Hirondelle de rochers qui est plus grande, plus montagnarde et qui n’a de blanc que sur la queue.

258-12 – Hirondelle de rivage. Queue courte, dessous blanc avec bande pectorale brunâtre, petite taille.

258-13 – Hirondelles de rivage. Elle niche dans des terriers qu’elle creuse elle-même dans des falaises de sable ou de terre friable.

258-14 – Hirondelles de rivage. La nidification se fait en colonies comptant parfois plusieurs dizaines de couples.

258-15 – Hirondelles de rivage. Je suis sûr que certains élus pyrénéens pensent que les Hirondelles volent parfois en formations serrées pour pousser les brebis (à haute valeur marchande) en bas des précipices. Cette évolution récente serait extrêmement inquiétante car elle ferait suite à une évolution comparable chez les Vautours. On attend les vidéos avec impatience. Petit coucou en passant à Jean Lassalle et Louis Dollo…