Une page sur la détermination des Bergeronnettes et leur systématique complexe, de quoi vous donner la gueule de bois avant le réveillon. Il suffisait de demander, Valcogne et Alice me l’ont soufflé…
Je n’ai pas l’intention de vous gaver d’informations techniques, mais seulement de vous présenter un groupe d’oiseaux très gracieux et, pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, de vous donner quelques clés simples pour les reconnaître.
La famille des Bergeronnettes compte onze espèces (et de très nombreuses sous-espèces), toutes propres à l’Ancien Monde. Trois d’entre elles fréquentent notre pays.
Leur longue queue sans cesse en mouvement leur donne une silhouette caractéristique que vous connaissez certainement. Toutes trois sont des adeptes de la marche à pied, plus enclines à arpenter les berges d’un ruisseau ou les flaques d’un parking qu’à se percher dans les frondaisons.

274-01 – La moins connue, inféodée aux prairies et marais, mais aussi en certaines régions aux monocultures, la Bergeronnette printanière est la seule que vous ne verrez pas chez vous durant l’hiver qu’elle passe au sud du Sahara.
Elle a une queue courte comparée aux deux autres espèces et son dos est toujours de couleur olive. L’association du dessous jaune et des pattes noires est unique chez nos Bergeronnettes.

274-02 – La Bergeronnette des ruisseaux. Sa queue très longue lui donne une silhouette particulièrement élancée. C’est « l’autre Bergeronnette ayant du jaune », mais son dos est toujours franchement gris et ses pattes brun-beige.
La couleur et les dessins de la tête sont variables selon l’âge, le sexe, la saison…
Son nom décrit bien son habitat et elle vous est familière si vous êtes pêcheur ou amateur de moulins (à eau).

274-03 – Bergeronnette des ruisseaux. Les sexes sont assez peu différenciés, mais la gorge bien noire est généralement propre au mâle adulte.

274-04 – La plus commune, été comme hiver, la Bergeronnette grise. Elle aussi porte bien son nom car si couleur il y a, c’est juste un peu de jaunâtre ou d’olivâtre sur la face ou sur l’avant du corps. Les marques sombres sur la poitrine sont un critère de reconnaissance simple.
« Bergeronnette » vient de l’habitude de cette espèce d’accompagner les troupeaux et non de celle de fréquenter les berges.

274-05 – Si les ruisseaux et plans d’eau l’attirent, la Bergeronnette grise se rencontre également dans des milieux très secs comme les Causses, ou en ville. C’est d’ailleurs en ville, sur les parkings en journée et dans les arbres des squares la nuit, que vous avez le plus de chances de l’observer en hiver.

274-06 – Bergeronnette grise. Individu très coloré, la face est jaunâtre !

274-07 – Deux Bergeronnettes grises, mais les choses se corsent.
Le sujet de droite ayant les flancs très sombres et le dos marqué de noir, il s’agit probablement d’une Bergeronnette de Yarrell, la sous-espèce nichant dans les Îles Britanniques et sur les côtes de la Manche.

274-08 – Bergeronnette grise type. C’est ainsi que l’on appelle la sous-espèce « normale », que vous reconnaissez à son dos gris sans la moindre trace de noir jusqu’à la pointe du croupion (partie comprise entre le dos et les quelques grandes plumes qui couvrent la base de la queue).

274-09 – Bergeronnette de Yarrell. Le dos très nettement marqué de noir est caractéristique. Malgré ce qui est souvent écrit dans les guides ornithologiques, je ne me fie pas beaucoup à la couleur des flancs qui me semble trop variable et trop subjective.

274-10 – La poitrine est largement marquée de noirâtre, ce qui en fait bien une Bergeronnette grise. Le crâne gris et le dessus n’ont pas de teinte franche, ce qui indique un jeune sujet, et en conséquence la sous-espèce n’est pas reconnaissable.

274-11 – Dos gris clair uni = Bergeronnette grise type.

274-12 – Bergeronnette grise

274-13 – Certains sujets, comme celui-ci, n’ont pas du tout de gris. Il s’agit des plus faciles à identifier, ce sont des mâles de Bergeronnette de Yarrell.

274-14 – Dos gris uni (et flancs pâles) = Bergeronnette grise type.

274-15 – Ni gris, ni jaune. Dos entièrement noir (et flancs sombres) = Bergeronnette de Yarrell (mâle).