290 – Phragmite ou Phragmite ?

Il y a Phragmite et Phragmite. 
Le premier désigne une plante aquatique communément appelée roseau. Ses tiges et ses feuilles font penser aux Bambous dont il est proche parent.
Le second est une Fauvette qui apprécie les marais et les roselières (de Phragmites).

Petit aparté. Phragmite fait partie de ces mots dont le genre prête à confusion. Dans tous les cas, c’est un nom masculin.

Autre aparté. L’emploi des majuscules obéit à des règles. Lors de votre dernière sortie en bord de mer, vous avez vu des mouettes sur la plage. Normal. Mais l’ornithologue qui dénombrait ce même groupe d’oiseaux y a vu des Mouettes rieuses et des Goélands argentés. Les majuscules qu’il utilisera éventuellement montreront qu’il a identifié précisément les espèces présentes.

Revenons à notre oiseau. Le Phragmite des joncs fait partie des Fauvettes paludicoles, dénommées ainsi car appréciant particulièrement les endroits marécageux. Toutes sont de couleurs ternes et de mœurs plutôt discrètes, ce qui en fait un groupe peu connu. Seuls leurs chants sont remarquables, plus par leur puissance que par leur musicalité. Encore faut-il avoir le courage de s’avancer dans ces zones insalubres, malodorantes, au sol instable…

Vous me connaissez. Par amour du risque, et surtout pour vous rapporter des images à la hauteur de vos attentes, j’ai osé, j’ai affronté la nature qui, chacun le sait, est hostile !

Voici donc la fameuse mélodie printanière du Phragmite…

Jérémy Simar, XC548973. Accessible sur http://www.xeno-canto.org/548973.

phragmite des joncs

290-01 – Le Phragmite des joncs  aime les phragmites et… les joncs ! Notez son sourcil blanc crème bordé de noir, c’est un bon critère pour le distinguer de la plupart des autres fauvettes paludicoles.

très à l'aise dans les grandes tiges, le phragmite des joncs

290-02 – Phragmite des joncs. Le dessus du crâne, plus ou moins rayé, et le manteau aux stries peu marquées le différencient de son « cousin » le Phragmite aquatique, un des Passereaux les plus rares d’Europe.

le phragmite des joncs saute aussi

290-03 – Dans ce milieu très fermé, il vole bien sûr, mais il grimpe aussi, ou saute selon les circonstances.

phragmite des joncs dans un saule chargé de cochenilles

290-04 – L’été est une bonne saison pour faire la connaissance du Phragmite des joncs car les migrateurs sont souvent nombreux dans de petits espaces. Celui-ci fréquentait un bouquet de 2 ou 3 saules en compagnie de 3 petits camarades. La faim les rend moins méfiants et il est parfois possible de les observer de plus près.

phragmite des joncs

290-05 – Les saules font partie des arbres très recherchés par les oiseaux comme les fauvettes, les pouillots ou les mésanges car ils sont fortement parasités et offrent une bonne table pour tous ces insectivores.

phragmite des joncs

290-06 – Je ne sais pas si ce Phragmite des joncs connaît la fumagine. C’est une maladie cryptogamique qui se développe sur le miellat des cochenilles et autres insectes amateurs de sève et donne une couleur noire au feuillage. Pour un oiseau ayant besoin de refaire rapidement ses réserves avant d’entreprendre une nouvelle étape de sa longue migration, cet arbre noirci est une bénédiction.

phragmite des joncs

290-07 – La cochenille qu’il vient de capturer fait partie des quantités d’invertébrés qu’il engloutira pour gagner plusieurs grammes en quelques jours. Un Phragmite des joncs « normal » pèse environ 12 grammes, mais des individus de 16 à 18 grammes ne sont pas exceptionnels sur les zones de halte migratoire !

phragmite des joncs

290-08 – Après ravitaillement, si les conditions météorologiques le permettent, notre oiseau changera de marais à la faveur de la nuit. Et de saulaies en roselières, il se rendra en Afrique de l’Ouest (pour les français) et jusqu’en Afrique du Sud pour les plus sportifs.

phragmite des joncs

290-09 – Celui-ci est un jeune reconnaissable aux taches qui ornent le haut de sa poitrine.

ruisseau dans un marais

290-10 – Maintenant que vous connaissez l’oiseau, vous pouvez peut-être tenter de le découvrir dans son milieu de reproduction, les prairies à végétation non maîtrisée !

phragmite des joncs dans sa jungle

290-11 – Au milieu de ce fatras d’ombellifères, d’iris et de saules, un « chant » déroutant, puissant, nerveux… assurément une fauvette paludicole. Ici, il s’agit d’un Phragmite des joncs, mais dans ce groupe, de nombreux chants se ressemblent et un peu d’entraînement s’impose avant de pouvoir reconnaître les différentes espèces au chant.

phragmite des joncs au milieu des ombellifères

290-12 – Prenez garde à ne pas renverser un nid ou écraser des jeunes dans ces tiges entremêlées. Sur cette photo, vous devez voir 1 jeune Phragmite et deviner ses 2 frères/sœurs tout juste volants perchés à ses côtés.

phragmite des joncs adulte

290-13 – Un adulte à son poste de guet.

jeune phragmite des joncs

290-14 – Un jeune prenant un bain de soleil.

jeune phragmite des joncs

290-15 – La sortie du nid se fait avant que le plumage ait fini de croître. Les capacités de vol d’oiseaux si jeunes sont limitées, mais les allées et venues des parents durant l’élevage ayant pu attirer l’attention d’un prédateur potentiel, une sortie aussi précoce que possible est gage de réussite, au moins partielle. Les rémiges (grandes plumes des ailes) et les rectrices (plumes de la queue) de cet oisillon n’ont pas leur longueur définitive, mais ce sera chose faite dans un jour ou deux.

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