Les Causses sans les Vautours seraient-ils encore les Causses à mes yeux ? Sans doute que oui, mais il est clair qu’il y manquerait quelque chose. Je vais donc vous imposer, comme après chaque séjour en Lozère, quelques pages consacrées au Vautour fauve. Je n’ai pas vu de Vautour percnoptère cette année, et je n’ai que quelques (mauvaises) images de Vautour moine et de Gypaète barbu.
Commençons par une petite leçon sur les critères d’âge, le premier intérêt de la chose étant comme toujours d’apprendre à regarder au lieu de se contenter de voir.
Mais gardez votre sens critique. Je ne suis pas un expert es-vautours. Tout juste quelqu’un qui observe, lit, écoute… et vous fait part de ses réflexions. Si vous « touchez » un peu en vautours, j’attends vos avis avec intérêt.

298-01 – Vautours fauves. L’oiseau au premier plan est un jeune.
Quels sont les caractères à observer : les couleurs du bec, de la collerette, du cou, de l’iris quand c’est possible et du dessus des ailes. Chez le jeune de moins de 1 an, bec et iris sont noirs, cou et collerette roux ; peu à peu, ces couleurs vont évoluer et les oiseaux de plus de six ans ont le bec et l’iris clairs, le cou et la collerette blancs.

298-02 – Malgré son bec clair comme celui des adultes, cet oiseau à la collerette bien rousse, au cou et à l’iris sombres (cliquez pour agrandir la photo) est bien un jeune (un ou deux ans ?).

298-03 – Ici tout le monde a le bec noir et la collerette rousse… c’est une bande de jeunes. Ceux de droite ont le cou très roux, les autres l’ont presque blanc. Les premiers sont probablement plus jeunes, mais comme chez les Fous de Bassan ou chez les Hommes, les particularités physiques propres aux adultes ne sont pas acquises à la même vitesse par tous les individus. Il ne vous viendrait pas à l’idée d’estimer l’âge d’une personne en vous basant uniquement sur la couleur de ses cheveux…

298-04 – Bec très clair, cou blanc, collerette à peu près blanche : un adulte.

298-05 – Le même.

298-06 – Alors ?

298-07 – Bec bien noir, iris sombre, cou beige et collerette rousse… aucun doute, c’est un jeune. À noter également la structure des plumes qui constituent cette collerette ; chez les adultes, elles ressemblent à des poils ou à des duvets et non à des plumes lancéolées comme chez cet oiseau qui n’a probablement qu’un ou deux ans.

298-08 – Bec noir, tête et collerette roux. Les parties supérieures très rousses et très peu contrastées sont aussi une caractéristique des jeunes. Cette photo, comme toutes celles de cette page, étant faite en début d’été, c’est-à-dire juste avant la majorité des envols, il est raisonnable de penser que celui-ci a tout juste un an… J’ai bien pensé à lui offrir une petite charogne bien faisandée, avec une bougie à souffler, sur une vire au-dessus de la rivière, mais les difficultés liées à la livraison m’en ont dissuadé !
Dommage car ce petit, postillonnant sur son gâteau… quelle photo !

298-09 – Bien que le bec et le cou soient clairs, le dessus de l’aile bien contrasté, il reste que la collerette est encore bien rousse, ce qui correspond à un jeune adulte (quatre à six ans).

298-10 – Difficile ici d’observer la couleur de l’iris ! Le contraste entre les rémiges (grandes plumes de l’aile) sombres, presque noires, et les couvertures (plumes plus petites qui couvrent l’aile) plus pâles est plus franc chez les adultes. De plus, leurs grandes couvertures (à la limite entre les rémiges et les autres couvertures) sont nettement bicolores (sombres à bordure pâle). Cet oiseau est un adulte.

298-11 – Pour ceux qui cherchaient l’iris ! Bec clair, iris et cou de couleur moyenne, collerette rousse : entre deux et quatre ans.
Regardez ses griffes, on dirait des dents de rateau plus que des serres, ce qui n’empêchait pas un certain Jean-Pierre Alzieu, alors directeur des services vétérinaires de l’Ariège, de déclarer n’importe quoi dans ses expertises (voir page 253).