Puisque vous avez lu les pages 349 et 350 de ce blogue, vous connaissez le Pic vert, vous savez reconnaître mâles et femelles, juvéniles et adultes, vous n’ignorez plus qu’il arpente les pelouses et les prairies à la recherche d’insectes, et notamment de Fourmis. Bien.
Mais comme moi, même si vous savez qu’il est facile de capturer des Fourmis tant ces petites bêtes sont stupides, vous vous êtes peut-être demandé combien devait en manger chaque jour un oiseau d’environ 200 grammes pour rester en vie. Je pense que les quelques dizaines que j’ai capturées durant mon enfance ne combleraient pas une matinée de Pic vert.
Alors, comment fait-il ?

352-01 : tandis que ses cousins les Pics épeiche et épeichette écoutent les troncs pour deviner où sont leurs proies, le Pic vert observe attentivement le sol pour y repérer les Fourmis.

352-02 : sauf en période d’intense activité des Fourmis qui permet une cueillette en plein air, le but est de découvrir l’entrée de la fourmilière.

352-03 : le Pic vert y introduit sa langue, longue et gluante, sur laquelle resteront collées les Fourmis.

352-04 : et parce qu’il y met fréquemment plus que la langue, le Pic vert a bien souvent le bec taché de terre.

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352-06 : pour forcer le passage, le Pic vert s’accroche au sol grâce à ses fortes pattes aux ongles solides… et se sert de sa queue comme point d’appui.

352-07 : cette utilisation très particulière de la queue est commune chez les oiseaux grimpeurs et se retrouve chez les autres Pics et chez les Grimpereaux. Ce sont les rectrices (plumes de la queue), à la fois souples et solides, qui le permettent. En position verticale, le « travail » des rectrices est plus visible.

352-08 : ce jeune Pic vert, « assis » sur sa queue, passe tranquillement à table en introduisant sa langue dans un trou.

352-09 : la langue cylindrique est relativement rigide à l’extrémité pour faciliter son introduction.

352-10 : les quelques Fourmis collées sur le bec de celui-ci (clic sur la photo pour l’agrandir) démontrent que le repas est en cours.

352-11 : fin des opérations pour cet autre…

352-12 : et ramassage des outils. La langue, plus souple à la base, se replie en accordéon. En extension maximum, elle sort de huit à dix centimètres. Pour un oiseau de 30 à 35 centimètres de long, c’est pas mal !

352-13 : toutes ces opérations occupent complètement l’attention du Pic vert et le rendent vulnérable. C’est pourquoi, dès qu’il le peut, il se redresse et inspecte rapidement les environs.

352-14 : en cas d’alerte, il se plaque au sol ou rejoint rapidement les arbres les plus proches.

352-15 : le danger peut également venir du ciel.