363 – Les informations

Je vous ai déjà parlé de ce que je considère comme une baisse notable de la qualité des reportages télévisés. Quelques exemples récents.

France 2, chaîne publique, donc financée par nos impôts, roule pour qui ?

Aujourd’hui, elle nous présente des agriculteurs soucieux de l’état de la rivière dans laquelle ils pompaient allègrement AVANT. Ils ont trouvé la solution, à savoir des forages profonds pour se servir directement dans les nappes phréatiques présentées comme « inépuisables » par la journaliste ! Et de conclure que voilà la solution pour une bonne entente entre agriculture et environnement !
Non seulement ces nappes ne sont pas intarissables, mais elles sont maintenant à des niveaux parfois jugés inquiétants, et touchées, tout comme les eaux de surface qui les alimentent, par la pollution. La nappe phréatique est évidemment liée aux eaux de surface, car, scoop, l’eau descend, coule, s’infiltre, goutte, traverse, suinte… généralement vers le bas ! À condition que les bétonneurs, asphalteurs et autres agriculteurs, tous rectificateurs de prairies et de ruisseaux, le lui permettent. Le cycle de l’eau passe par les nappes et dure plusieurs siècles. D’où la possibilité de faire n’importe quoi aujourd’hui. Et pendant que les maïsiculteurs d’Aquitaine pleurent pour avoir de l’eau, ceux de ma région continuent de combler et drainer les zones humides (par petites touches puisque, normalement, c’est interdit).
L’agriculture est aujourd’hui aux mains d’irresponsables coupables de la plupart de leurs malheurs actuels et de nombre de problèmes à venir pour eux et pour les autres. Mais qui oserait le leur dire ?

Le 20 heures, que tout le monde prononce correctement « vinteure », y compris ceux qui disent « vinzectare » ou « vinzeuro », le 20 heures donc, toujours sur la même chaîne, nous offre il y a quelques jours un grand format, c’est-à-dire un reportage un peu plus étoffé, plus fouillé, plus complet… sur l’Ours des Pyrénées. En fait un plaidoyer pour les pauvres éleveurs victimes des prédateurs. Des images émouvantes de brebis mortes (de quoi ?) et d’éleveurs en pleurs (joli casting, même si je n’y crois pas une seconde). Des agents de l’ONCFS qui s’expriment peu (leur communication est aujourd’hui contrôlée) et montrent les poils d’Ours trouvés sur les lieux et… c’est tout ! En d’autres lieux, les poils et excréments de Loup se collectent et se conservent précieusement pour une utilisation judicieuse au moment venu ! Ici, je ne sais pas, mais ce qui est présenté comme une preuve indiscutable ne l’est pas !
Le grand format laisse toute la place à l’accusation ! J’ai vérifié, je n’étais pas sur une chaîne privée ou dans un spot publicitaire mensonger, j’étais bien sur le service public. En Ariège certes, mais tout de même !
Pas un mot sur les multiples causes de mortalité en estive (voir ici et ici), sur les quantités invraisemblables d’animaux domestiques abandonnés à leur sort par des « bergers » qui ne gardent pas leurs troupeaux et ne pleurent pas leurs Moutons tous les jours. Même dans ce reportage partial, ils reconnaissent ne pas savoir précisément où sont leurs autres Moutons. Les 300 Moutons morts « possiblement » en lien avec l’Ours l’an dernier dans les Pyrénées ne représentent qu’entre 1 et 2% de la mortalité en estive. Mais ce sont les mieux remboursés. Et un bon passage larmoyant à la télévision avant que Nicolas Hulot ne se positionne sur l’avenir de l’Ours en France permet d’assurer les recettes à venir !

Comme la Poste, les Télécom et la SNCF, l’audiovisuel public est soumis aujourd’hui à la loi du marché, et probablement au lobbying. Dommage.

Peut-être jalouse de sa consœur, TF1 vient de diffuser un reportage où il est question de Saumon en Bretagne. Des images de Saumon atlantique (l’espèce présente en France) alternent avec celles de Saumon rouge, espèce propre à l’Océan pacifique, sans le moindre commentaire ou sous-titrage…

363-01

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer