Depuis plusieurs années déjà, notre président de la république se dit ni de gauche, ni de droite. C’est probablement pour cette raison qu’après avoir été un ministre important dans un gouvernement de gauche, il nous fait aujourd’hui une vraie politique de droite. Je ne suis à priori pas très fan, mais si ce régime nous assure un avenir à peu près serein, pourquoi pas.
Sauf que.
Sauf que ce président m’inquiète de plus en plus. Non pas pour sa santé, mais pour la nôtre et celle de la génération à venir.
Ce jeune prétentieux aux dents particulièrement longues m’a tout de suite déplu.
Plutôt à droite dans un gouvernement proposé par Valls (donc bien en dehors des clous pour les gens de gauche), il n’a pas cessé de travailler une image d’homme neuf en politique, sans étiquette, à l’écoute de tout le monde. Donc méfiance.
Malgré quelques faits troublants (par exemple, que faisait-il à la manifestation du 11 janvier 2015 pour la liberté d’expression, lui qui préparait une loi limitant les actions des lanceurs d’alerte, sinon se montrer comme tant d’autres vieux politiciens ?), je me suis tout de même un peu laissé aller à écouter ce beau parleur. Et si je n’ai pas voté pour lui (j’avais déjà donné mon billet à Chirac par peur du FN !), j’étais bien content qu’il fasse la nique à Marine, et j’espérais quelque chose de neuf.
Pour faire simple, je rêvais de quelqu’un conscient des problèmes écologiques tout en étant très au fait des données économiques et sociales. Et je suis de ceux qui ont pensé que la nomination de Nicolas Hulot à un poste très important permettrait des avancées significatives et une sorte de reconnaissance officielle nationale puis internationale du dérèglement climatique ou de la pollution chimique. J’étais d’autant plus curieux que dans le même temps les États-Unis confiaient leur sort à Donald Trump.
Sauf que.
Sauf que, se basant sur la théorie du débordement qui veut que ce que l’on donne aux pauvres remonte aux riches, et inversement, il a commencé en faisant de gros cadeaux aux plus aisés. Depuis quand les riches redistribuent leur trop plein ? Qui connaît des nantis qui envisagent une redistribution ? Bien sûr qu’il y a des exceptions, mais globalement ce modèle ne fonctionne pas. Et Macron ne peut pas l’ignorer. Il nous enfume et assure son avenir auprès des plus fortunés, ou il n’a pas les épaules pour le poste et cède aux pressions. Il reconnaît entretenir depuis longtemps de bons rapports avec le répugnant Thierry Coste, lobbyiste sans foi travaillant pour le plus offrant (hier Macron, aujourd’hui les chasseurs).
Compagnonnage malsain et pourtant assumé.
Après 18 mois de « nouveau monde », les lobbies du chimique, de la chasse et de l’agriculture moderne sont toujours aux manettes. Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus nombreux. Les abeilles continuent de mourir, les oiseaux disparaissent, les ruisseaux se transforment en torrents de boue et « on » continue à nous servir des spots vantant la gestion durable de nos territoires par des paysans qui ressemblent de moins en moins à ceux que je croise dans la vraie vie.
Qu’espère-t-on en tuant des Loups, en piégeant des Frelons asiatiques, en refoulant les migrants, en canalisant les rivières, en désherbant son allée ? Contrôler, gérer, maîtriser… Repousser le sauvage, le libre… Dominer la nature (Hommes compris). Bayer et la FNSEA vous remercient, c’est leur raison d’être, leur cheval de bataille. Profits maximaux à court terme pour les mieux placés, déboires assurés pour tous les autres.
Mais ma Bretagne n’a jamais été aussi sale, de plastiques et d’excédents divers, aussi vide de vie sauvage, aussi banale et semblable aux autres régions qui subissent les mêmes transformations. Les mêmes tristes graminées en pots à l’entrée des bourgs, les mêmes interminables champs de maïs et plantations de résineux à l’extérieur. Simplification dangereuse en période de chamboulement climatique. Mais malgré cela, le « nouveau monde » de Macron continue de parier sur la croissance, donc la consommation de biens et d’énergie, les constructions neuves, le tourisme de masse, les déplacements en avion…
Ce « nouveau monde » est, je crois, la principale raison du départ de Hulot du gouvernement. Car en réalité, rien ne change vraiment. Ce qui ne me rassure nullement !

379-01 : un des oiseaux que je photographie sans relâche, la Mouette rieuse. J’adore.

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