Deux espèces de Barges fréquentent l’Europe.
La Barge rousse niche au-delà du Cercle polaire arctique et les populations de Scandinavie et de Russie de l’ouest hivernent le long des côtes de l’Europe. Quelques milliers d’individus viennent jusqu’en France, parfois simplement de passage car certains oiseaux vont jusqu’au sud de l’Afrique. Les retours se font au printemps par les mêmes chemins, toujours en bord de mer.
La Barge à queue noire niche en très petit nombre en France. Deux sous-espèces transitent ou hivernent chez nous (voir ici), sur les côtes mais aussi à l’intérieur des terres.
Il est donc possible de voir ces deux espèces, pratiquement toute l’année, notamment sur le littoral de la Manche. D’où l’intérêt de savoir les distinguer en tous plumages. Dans cet article il ne sera question que des différences valables en tous temps pour différencier les deux espèces.

381-01 : les Barges comptent parmi les grands limicoles et seuls les Courlis cendrés et les Huîtriers pie les dépassent en taille. Ce critère est important pour les distinguer de tous les autres limicoles. Les Pluviers, à peine plus petits, ont un bec très court. Celle-ci est une Barge rousse. La Barge à queue noire est de taille équivalente.

381-02 : les Chevaliers ont eux aussi de grandes pattes et de longs becs, mais même les plus grands, comme ce Chevalier gambette (à droite), paraissent bien frêles à côté d’une Barge à queue noire (à gauche).

381-03 : nos deux espèces de Barges ont de longues pattes et un long bec droit (ou très légèrement incurvé vers le haut). C’est ce bec qui permet une distinction rapide par rapport aux Courlis. Une Barge à queue noire et un Chevalier gambette.

381-04 : comme les Courlis, les Barges rousses ont le croupion pâle et le reste des parties supérieures brun-gris. La confusion avec le Courlis corlieu, de même taille que les Barges, est fréquente. (À droite, un Tournepierre à collier).

381-05 : la Barge à queue noire est très facile à reconnaître en vol car vous ne retrouverez ce type de dessin que chez l’Huîtrier pie, bien différent par ailleurs. Et ce motif est constant, quels que soient l’âge et le sexe de l’oiseau ou la saison.

381-06 : contrairement à ce que vous pouvez observer chez la Barge à queue noire, les doigts de la Barge rousse dépassent à peine de la queue en vol.

381-07 : le dos de teinte uniforme ne se voit jamais chez la Barge rousse. Il s’agit donc d’une Barge à queue noire et le bord blanc de l’aile, rarement visible, le confirme.

381-08 : les plumages de juvéniles ou de transition sont plus troublants. Le dos est marqué, taché, mais jamais strié comme chez la Barge rousse ou les Courlis. Barges à queue noire. Chez les deux espèces la couleur du bec varie du rose au orange (adultes en période nuptiale).

381-09 : deux Barges rousses, l’une en plumage nuptial et l’autre en plumage d’éclipse. Leurs dos sont bien plus striés que ceux des Barges à queue noire de la photo précédente. En plumage nuptial, la teinte rousse ne vient jamais jusqu’au ventre chez la Barge à queue noire.

381-10 : théoriquement un très long bec et de très grandes pattes sont caractéristiques d’une Barge à queue noire, mais le dos rayé « façon courlis » de cet oiseau ne peut être que celui d’une Barge rousse (ou d’un Courlis !). Comme chez les Courlis, les longueurs de pattes et de becs varient beaucoup selon les populations et le sexe des oiseaux et il faut s’en méfier.

381-11 : le dos est à peine taché et nullement strié. Barge à queue noire sans hésiter.

381-12 : une Barge rousse (dos très strié) en compagnie de Bécasseaux variables.

381-13 : Barge rousse (les autres photos du même oiseau me permettent d’affirmer qu’il ne s’agit pas d’un Courlis corlieu !) et Pluviers argentés.