Les premières Hirondelles sont bientôt de retour. Ce qui, vous le savez bien, ne nous annonce pas nécessairement l’arrivée du printemps, et encore moins la garantie d’un été à peu près normal. Mais, bon an mal an, elles nous apportent tout de même un vrai allongement du jour, et c’est déjà bien.
Les Hirondelles ont toujours eu bonne presse. Mangeuses d’insectes majoritairement considérés comme nuisibles, elles sont jugées utiles et appréciées à ce titre. Et du temps où il y avait des étables basses de plafond et bien chargées en mouches, elles venaient volontiers discourir au-dessus de votre tête lorsque vous trayiez. Cette compagnie élégante et enjouée était toujours la bienvenue.
Les choses ont évolué. Nos Hirondelles ont bien des difficultés aujourd’hui : agriculture intensive dans nombre de régions, utilisation de produits phytosanitaires partout, y compris dans les zones d’élevage « traditionnel », dérèglement climatique… Les effectifs sont en baisse.
Et comme si cela ne suffisait pas, l’envie du propre, du lisse, de l’hygiénique, pousse certains à détruire les nids pour éviter les salissures sur les façades ou les trottoirs, voire sur le plancher d’un grenier inutilisé !
Le fait de ne pas supporter quelques crottes dans un monde de plus en plus stérile est inquiétant parce que signe d’une évolution en cours. La moindre cour est bitumée, les talus bordant les jardins sont bâchés, les parterres sont couverts de copeaux limitant la pousse des « mauvaises herbes ». Vouloir une nature propre est profondément débile, et grave, car c’est justement le côté envahissant, exubérant, incontrôlable de la nature qui fait sa force, qui lui donnera peut-être quelque chance de résister au dérèglement climatique. Le « nettoyage » en cours depuis quelques décennies commence à toucher tous les milieux, des océans les plus lointains aux plus petits constituants de notre corps. La diminution des Hirondelles en est un symptôme. Le milieu est malade et nous y vivons, nous mangeons ce qui s’y produit.
Gardons précieusement les Hirondelles et les mauvaises herbes, elles sont plus importantes pour nos enfants que la prunelle de nos yeux !
Informations chiffrées et tendances extraites de ce site, géré par le Muséum National d’Histoire Naturelle : Vigie-nature

403-01 : Hirondelle rustique. La plus commune, celle des étables d’antan.


403-02 : Hirondelle de rivage.


403-03 : Hirondelle de fenêtre. Elle fait son nid sur les façades de bâtiments et le paie parfois cher.

403-04 : Nid d’Hirondelle de fenêtre.

403-05 : l’Hirondelle de fenêtre niche souvent en colonie.

D’autres photos ici : https://sparfellglaz.piwigo.com/index?/category/53-hirundinides