213 – Le bon partenaire

Le vote blanc va être reconnu. C’est un progrès si cette reconnaissance nous produit autre chose que des débats stériles entre politiciens… mais ne vendons pas l’ours, même si aujourd’hui il est en « bonne voie » (ou bonne voix ?) avec Philippe Martin à son chevet…

Pour l’instant, le vote blanc n’est pas encore reconnu, et l’abstention encore moins ! Ou plus exactement, l’absence de vote « contre » est considéré comme un vote « pour ». Qui ne dit mot consent.
La preuve…

Vous avez entendu que « les Bretons ne veulent pas de l’écotaxe ». La réalité est que « 17 à 40 000 personnes ont manifesté contre l’écotaxe ».
Ou, j’ai fait le calcul en excluant la Loire-Atlantique de la Bretagne, « plus de 99% des Bretons n’ont pas manifesté avec les Bonnets rouges ».
Et si l’option « Loire-Atlantique bretonne » est retenue, les bonnets prennent une sacrée casquette…

Fin de la parenthèse… Quoique… 
Il n’est pas si simple de regarder les choses et les événements comme ils sont et non comme on voudrait qu’ils soient.
Comme promis, cette page est consacrée à la sélection sexuelle.
  

Merle noir mâle adulte

213-01 – Merle noir. Une espèce chez laquelle le dimorphisme sexuel est bien marqué (couleur et chant).

Tous ceux qui s’intéressent à l’évolution, et Darwin le premier, s’étonnent du fait que la pression du milieu permette malgré tout l’émergence et le maintien, voire le développement, de formes et de comportements extravagants. Pensez à la queue (qui en réalité n’est pas la queue mais les sus-caudales) du Paon bleu, aux Paradisiers, aux bois du Cerf, autant d’apparats franchement handicapants que l’on pourrait croire anormaux s’ils n’étaient si communs !
  

Brocart en sous-bois

213-02 – Chevreuil européen. Plus forestier que le Cerf élaphe (à l’origine), ses petits bois ne le gênent nullement en milieu fermé.

Pour y comprendre quelque chose, il faut d’abord savoir que la sexualité est un moyen moderne de reproduction.
D’autres « techniques » existent depuis longtemps.
Le bouturage permet au rameau de Saule cassé par le vent de prendre racine sur une terre humide, le marcottage fait que la tige de Ronce ou de Fraisier qui touche le sol crée un nouveau plant.

Chez des Abeilles ou des Pucerons, les femelles peuvent se multiplier par parthénogenèse, c’est-à-dire sans apport de spermatozoïde (je l’ai déjà dit, je suis contre car là où il y a parthénogenèse, il n’y a pas de plaisir !).
  

Fuligules milouin et morillon

213-03 – Le Fuligule milouin se mêle volontiers aux Fuligules morillons.

Ces différentes méthodes permettent à tous les individus d’une espèce d’avoir des descendants, mais il ne s’agit que de « photocopies » (j’exagère à peine). Sauf accident (mutation), tous les caractères, défauts et carences compris, sont transmis tels quels et l’évolution est extrêmement lente.
  

Linotte mélodieuse mâle

213-04 – Linotte mélodieuse. Ce mâle, reconnaissable à ses taches rouges, est plus coloré que nombre de ses concurrents.

Au contraire, si la reproduction sexuée rend obligatoire la participation d’un autre individu, elle permet le brassage des caractères et a pour résultat une grande hétérogénéité au sein de la population. Cette variabilité est un atout majeur face au parasitisme ou aux changements d’environnement. Ce n’est pas un hasard si 95% des espèces animales actuelles ont une reproduction sexuée.
  

Couple de Tadornes de Belon en vol

213-05 – Tadorne de Belon. La femelle, en tête, est nettement plus petite et moins colorée que le mâle.

Au sein de chaque espèce, ce sont les individus les plus prolifiques qui ont eu la plus grande descendance et ont transmis les gènes encore présents aujourd’hui.
  

Tarier pâtre mâle adulte

213-06 – Tarier pâtre, mâle. Si le dessin est le même chez la femelle, les couleurs sont plus vives et plus contrastées chez le mâle.

Deux stratégies très différentes ont permis cette transmission efficace.
L’une consiste à produire énormément de gamètes, mais de petite taille pour limiter la dépense tout en ayant des chances raisonnables d’avoir des descendants (un gamète est une cellule n’ayant qu’une série de chromosomes. Les spermatozoïdes et les ovules sont des gamètes, les grains de pollen également). Bien entendu, plus les partenaires sont nombreux et plus les probabilités d’avoir une succession sont grandes !
  

Calopteryx vierge au repos

213-07 – Caloptéryx vierge. Le corps bleu foncé est caractéristique des mâles, mais les ailes brunes et non bleues trahissent l’immaturité de celui-ci.

L’autre option est de limiter le nombre de gamètes mais de les faire plus grands, plus résistants, ou mieux protégés. Dans un œuf d’Oiseau se trouve un gamète énorme entouré de tissus protecteurs… Encore mieux, chez les Mammifères (hormis les Marsupiaux et les Monotrèmes) les femelles ont un organe (utérus) conçu pour recevoir et garder au chaud le gamète ayant trouvé chaussure à son pied jusqu’à un stade bien avancé de son développement. Le coût est énorme, mais la réussite est au bout ! 
  

Hirondelle rustique en vol

213-08 – Hirondelle rustique. Celle-ci a perdu une rectrice externe, caractère sexuel secondaire important… 

Chez la plupart des vertébrés, les mâles produisent beaucoup de spermatozoïdes et ont intérêt à multiplier les partenaires. Les femelles, beaucoup moins fécondes, s’occupent plus longuement de leur progéniture. Pour elles, la difficulté est de trouver le partenaire idéal, celui qui a le meilleur patrimoine génétique, celui qui donnera les meilleures chances aux jeunes qu’elles produiront. Elles choisiront en fonction des apparences, des comportements, des odeurs…

En clair, l’offre est bien supérieure à la demande et en conséquence les mâles luttent pour s’imposer aussi souvent que possible tandis que les femelles font un choix plus rigoureux parmi les prétendants. 
  

Pie-grièche écorcheur mâle adulte

213-09 – Pie-grièche écorcheur mâle. Il n’y a pas du tout de noir chez la femelle.

Il est alors facile de comprendre l’intérêt de bois solides et bien développés pour le Cerf élaphe qui s’en sert pour repousser les concurrents qui convoitent son harem. De leur côté, les biches sont assurées de s’apparier avec un mâle vigoureux et endurant (le brame, période des accouplements chez les Cervidés, dure plusieurs semaines durant lesquelles le mâle ne se nourrit pas !), ce qui est une sorte de meilleur choix, même s’il est subi.
  

Mâle de Bruant jaune

213-10 – Bruant jaune mâle. 

Les courses, les vols plus ou moins acrobatiques, les apports de nourriture… sont à la fois des épreuves où les meilleurs mâles surclassent les autres et des démonstrations de vigueur et d’efficacité auxquelles les femelles sont sensibles.
  

Bouvreuil pivoine mâle

213-11 – Bouvreuil pivoine mâle. « Approchez Mesdames, admirez la bête ! ».

Cette compétition entre mâles peut donner de curieux résultats.
Chez les oiseaux, les rouges et les jaunes sont très appréciés par les femelles, et pourtant les colorants nécessaires à l’obtention de ces couleurs sont fixés sur les plumes et en altèrent les qualités. Mais ces mêmes colorants sont aussi connus pour leur rôle dans le système immunitaire. Un mâle bien coloré prouve indirectement que ses défenses sont « à bloc » et les femelles attirées par ces couleurs font un bon choix pour leur descendance. Peu à peu la sélection naturelle favorisera ces coloris et les femelles qui s’y laissent prendre.
  

Verdier d'Europe mâle

213-12 – Verdier d’Europe mâle.

La présence de couleurs ou de formes extravagantes est aussi considérée comme une preuve de parfaite intégration dans un environnement donné ; seuls les plus forts, les mieux adaptés, peuvent se permettre ce genre d’excentricités.
  

Rougequeue noir mâle

213-13 – Rougequeue noir mâle. Celui-ci est bien noir, ce qui est loin d’être toujours le cas.

Les chants ou les parades nuptiales obéissent à la même logique… et les odeurs qui dévoilent notre chimie interne malgré nos efforts conjugués à ceux des marchands de cosmétiques… Le sujet n’est pas clos, mais je m’arrête là.
  

Épervier d'Europe femelle

213-14 – Épervier d’Europe femelle. Elles sont deux fois plus lourdes que les mâles, que les fauconniers et autoursiers appellent « tiercelets ».
  

Mésange bleue en sous-bois

213-15 – Mésange bleue. Le dimorphisme sexuel important n’est pas une règle absolue !

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