L’automne, contrairement aux autres saisons, est souvent vécu comme une fin, un arrêt à un été que l’on juge toujours trop court. Les jours, qui s’atrophient pourtant gentiment, mais discrètement, depuis le mois de juin, nous semblent soudain bien courts, et souvent aussi bien frais et bien humides.
Cette saison et ses jours gris et mouillés entraîne chez certains d’entre nous un passage à vide, un genre de coup de mou. Pourtant l’automne, c’est la saison des châtaignes, des champignons, des teintes rousses et dorées…
Dans les bois (et les campagnes ?), après avoir produit autant de fruits que possible pour assurer une descendance, les arbres se préparent pour passer au mieux cette période sombre pour eux. Le déficit en énergie solaire, mais également le risque d’éclatement par le gel des cellules chargées d’une eau indispensable à la photosynthèse, leur imposent un repos de quelques mois. Il leur faut alors mettre à l’abri, dans les racines, les sucres qui leur permettront le redémarrage en début d’année prochaine.
Ensuite, les feuilles qui constitueraient une dangereuse prise au vent sont abandonnées. Leur accumulation constitue une litière colorée qui abrite les semences fragiles et la micro-faune qui fait vivre le sol.
Et au printemps, cette couverture disparaîtra en restituant ses éléments nutritifs. Magique.
Partout les oiseaux migrateurs, en pleine effervescence, excitent mon imagination. Que de transferts possibles en observant tous ces voyageurs en partance pour l’Afrique ou en provenance de Russie, d’Islande ou d’Allemagne. Arrivant par vagues dans des contrées que la plupart ne connaissent pas encore, les Grives s’abattent sur les haies chargées de baies, les Bécasseaux arpentent les plages que la pluie rend plus hospitalières (les perturbateurs indigènes et leurs chiens sortent moins longtemps en cette saison), les Rougegorges, les Pinsons et les Mésanges investissent en nombre les jardins.
J’aime cette profusion d’espèces, ce renouvellement par rapport à nos nicheurs, ces bandes vagabondes et fantasques, parfois spectaculaires. J’aime aussi la mixité au sein des troupes qui explorent feuillages et vasières, chacun occupé à ses affaires mais bénéficiant de la vigilance des autres. Multitude de tailles, de formes, de couleurs, de cris, de comportements…
L’automne, comme les autres saisons, est une étape, une séquence, un élément indispensable dans un cycle qui ne s’arrête jamais.
Et pour le photographe, lorsque l’appareil photo est en état de fonctionner, que de sujets, que de lumières… un régal.

345-01 : les Bouleaux nous montrent enfin la beauté de leurs troncs et la finesse de leur ramifications.

345-02 : même le Chêne pédonculé, si terne en été, s’y met.

345-03 : et la Fougère aigle…

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345-05 : le soleil monte moins haut, moins vite, moins fort, ce qui nous laisse le temps d’apprécier la douceur d’un éclairage rasant sur une toile d’araignée.

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345-07 : la chute des feuilles facilite l’observation de certains oiseaux forestiers comme cette Mésange nonnette.

345-08 : Grive musicienne. L’automne est LA saison des grives et merles.

345-09 : un ciel bouché, une eau chargée de boues, une juxtaposition de contrastes et de nuances estompées.

345-10 : et l’estran enfin vidé de ses hordes de touristes (?) équipés de chiens turbulents.

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L’automne est un régal.