La reconnaissance des différentes espèces de mouettes et goélands pose toujours de nombreux problèmes aux débutants. Qu’ils se rassurent, les ornithologues confirmés sont souvent mis en difficulté aussi !
Normal, ce groupe fait partie des « morceaux de choix », aux côtés des rapaces ou des limicoles.
Même après quelques décennies de pratique, il est fréquent de ne pas pouvoir identifier un goéland ou un faucon en nature. Et alors ? Bonne occasion d’approfondir ses connaissances en consultant encore ses livres et sites favoris. Et peut-être que la prochaine fois…
Mais si vous n’êtes pas capable de vous avouer vaincu, de consentir à reconnaître votre ignorance, si vous êtes un « winner absolu », vous ne tarderez pas à passer d’abord pour un prétentieux, puis pour un naturaliste peu fiable. Et si vous persistez, vous irez peut-être jusqu’à exposer des photos mal légendées ou des observations farfelues sur des sites spécialisés. Ces erreurs liées à une immaturité chronique, à un besoin de reconnaissance qui vous échappera de plus en plus, feront votre réputation.
Revenons à nos mouettes. Les deux espèces les plus communes sont les Mouette rieuse et mélanocéphale, proches en taille et en couleurs. Je ne parlerai, encore une fois, que des plumages d’adultes, plus spécifiques.
Les photos qui suivent sont de qualités inégales et montrent, sauf mention contraire, des Mouettes mélanocéphales.

346-01 : même côte-à-côte, les différences ne sautent pas aux yeux. Contrairement aux Mouettes rieuses, la Mouette mélanocéphale (ailes relevées) n’a pas du tout de noir sur les ailes.

346-02 : toujours pas de noir sur les pointes d’ailes. Par rapport à la Mouette rieuse, notez aussi la bande noire près de la pointe du bec. À côté, un Bécasseau sanderling.

346-03 : en plumage nuptial, la Mouette mélanocéphale est beaucoup plus contrastée que la Mouette rieuse, notamment à cause de son capuchon vraiment noir.

346-04 : dès début juillet, la mue estompe les couleurs mais les différences de formes et de couleurs se voient encore bien. À droite, la Mouette mélanocéphale a un capuchon qui descend très bas sur la nuque tandis que ceux des deux Mouettes rieuses ne viennent que jusqu’à l’arrière du crâne et sont d’une teinte bien plus chocolat. L’oiseau au dos bariolé de brun est une Mouette mélanocéphale juvénile.

346-05 : mêmes remarques que plus haut. Notez aussi que le bec de la Mouette rieuse (devant) est plus fin et son dos d’un gris plus foncé.

346-06 : absence de noir sur les ailes, dessus gris très pâle, capuchon noir et non chocolat, bec marqué de noir, il s’agit incontestablement d’une Mouette mélanocéphale.

346-07 : en plumage internuptial, la Mouette mélanocéphale conserve des marques noires qui forment un genre de bandeau en arrière de l’œil, très différent des traits de la Mouette rieuse.

346-08 : les restes de capuchon se présentent sous forme de traits verticaux (un ou deux) chez la Mouette rieuse.

346-09 : en vol, il est très simple de différencier ces deux Mouettes. La tache noire sur le ventre de la Mouette mélanocéphale n’est qu’une patte mal rangée…

346-10 : le triangle blanc sur la « main » de la Mouette rieuse la distingue de toutes les autres espèces communes de Mouettes et Goélands.

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346-12 : en vol, la position de la tête « déforme » les motifs du capuchon, mais les ailes parfaitement blanches de la Mouette mélanocéphale sont tellement flagrantes que le risque de confusion est faible.

346-13 : par temps gris, la Mouette mélanocéphale adulte paraît presque entièrement blanche.

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